Théophile Potreau

Cérémonie en hommage à Théophile Potreau, gare de Versailles-Chantier, 24 novembre 2025

Une cérémonie solennelle s'est tenue le 24 novembre 2025 dans le hall no I de la gare de Versailles-Chantier, organisée par l’ARAC en l'honneur de Théophile Potreau, cheminot et résistant. L'ANCAC était conviée à cet hommage.

La cérémonie a débuté par un rappel de la vie et de l'engagement de ce martyr de la Résistance. Né le 25 avril 1895 aux Forges (Deux-Sèvres), Théophile Potreau était visiteur à la gare de Versailles-Chantier. Il épouse Isabelle Maury le 21 avril 1923 à Parthenay, avec qui il aura trois enfants.

Dès la fin de l'année 1940, il s'implique activement dans le Parti communiste clandestin, d'abord comme responsable de la propagande, puis comme dirigeant. Commandant des Francstireurs et partisans (FTP) de la région Ouest, il organise de nombreux sabotages pour entraver l'effort de guerre nazi, notamment sur la ligne de Grande Ceinture entre Versailles et Juvisy. À Versailles, il participe directement à la destruction de wagons de munitions, utilisant des engins incendiaires près du pont Colbert et en gare de Chantier.

Le 19 août 1943, dénoncé, il est arrêté à son domicile par la brigade spéciale n02 pour « activités antinationales ». Remis aux autorités allemandes, il est torturé à Fresnes, jugé à Saint-Cloud, condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le 24 novembre 1943. Dans un premier temps inhumé au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, sa dépouille est transférée le 6 janvier 1945 au cimetière des Gonnards à Versailles. Il est reconnu « Mort pour la France » à titre militaire le 9 novembre 1945.

Théophile Potreau était titulaire de la médaille de la Résistance, chevalier de la Légion d'honneur, et décoré de la Croix de guerre 14-18 et 39-45 avec palmes. Le 22 mai 1947, il est homologué capitaine des Forces françaises de l'intérieur (FFI). Sa famille, elle aussi engagée dans la Résistance, a pleinement participé à ce combat pour la liberté.

La cérémonie s'est poursuivie par le fleurissement de la plaque commémorative de la gare, en présence d'une centaine de personnes. Puis, le cortège s'est rendu au cimetière des Gonnards, situé à 200 mètres de la gare, où repose Théophile Potreau, près du syndicaliste Le Toudic, également mort pour ses idées. Après le dépôt de fleurs sur sa tombe, l'assistance a entonné a cappella Le Chant des partisans et l'Internationale.