Intervention de la section de Sarrebourg

Cheminots de France et amis

 

Bureau national de l’ANCAC du 3 février 2026.

L’Assemblée Générale de l’ANCAC a constitué un moment fort de la vie de l’association. Au-delà des points statutaires, elle a été un temps de réflexion collective, de lucidité et de continuité, réunissant cheminots de France, anciens et actifs, jeunes cheminotes et jeunes cheminots, ainsi que les amis de l’ANCAC, tous unis par le même engagement : le devoir de mémoire.

 Depuis sa création en 1931, l’ANCAC est portée par une conviction simple et exigeante : ne jamais oublier. Née de l’engagement d’anciens combattants cheminots ayant servi la Nation, résisté, parfois souffert dans leur chair, l’association a toujours eu pour mission de transmettre cette mémoire, de génération en génération.

 Le devoir de mémoire n’est ni un principe abstrait ni un héritage figé. Il est une responsabilité partagée, qui se vit dans les grandes cérémonies comme dans les gestes les plus simples : une présence, un silence respecté, un nom prononcé, une histoire transmise. Chacune et chacun a sa place. Rien n’est anodin. Chaque geste participe à la continuité.

L’Assemblée Générale a également permis de regarder le présent avec lucidité. L’engagement associatif peut être plus fragile, les équilibres parfois plus difficiles à tenir. Mais reconnaître cette réalité, ce n’est pas renoncer : c’est se donner les moyens de durer. L’oubli est le pire ennemi du devoir de mémoire. Il s’installe sans bruit et fragilise la transmission. Face à lui, l’ANCAC oppose la fidélité, la transmission et l’engagement collectif.

Le Bureau national, réuni à Paris, réaffirme avec force le choix résolu de la jeunesse cheminote. Ce choix n’est ni symbolique ni accessoire. Il est essentiel. La mémoire ne peut survivre sans relais, sans dialogue entre les générations, sans confiance accordée à celles et ceux qui prendront demain le flambeau.

Les amis de l’ANCAC, partenaires et soutiens, ont toute leur place dans cette démarche. Le devoir de mémoire est un engagement ouvert, profondément républicain, qui dépasse les appartenances et se nourrit du partage.

La continuité ne signifie pas l’immobilisme. Elle signifie avancer ensemble, évoluer sans trahir l’héritage reçu, transmettre sans oublier le sens. Tant que les générations de cheminots et leurs amis resteront unis, tant que la mémoire sera transmise, tant que chacun trouvera sa place, alors l’ANCAC restera fidèle à sa raison d’être.

 Souvenons-nous. Transmettons. Continuons.

Cheminots de France, hier et aujourd’hui, de 1931 à 2026

Ne pas s’égarer.

Car pour savoir où l’on va, il faut toujours se souvenir d’où l’on vient.

En 1931, lors de sa création, notre association est née d’un engagement profond. Celui d’hommes et de femmes cheminots qui, après avoir servi la Nation, après avoir combattu, résisté, parfois souffert dans leur chair, ont fait un choix essentiel : ne jamais oublier.

L’ANCAC n’est pas une association comme les autres. Elle est née de combats, de sacrifices, d’une fidélité indéfectible aux valeurs de la République et du monde combattant. Elle est née de cette exigence simple mais fondamentale : transmettre, encore et toujours.

Depuis toujours, notre rôle est de prêter une voix à ceux qui ne sont plus là. De porter leur parole, leur mémoire, leur présence, là où le temps les a rendus silencieux. Chaque fois que nous nous engageons, que nous organisons une cérémonie, que nous racontons une histoire, ce sont eux qui parlent à travers nous.

Le devoir de mémoire n’est pas un principe abstrait. Ce n’est pas une formule. C’est une responsabilité. Une dette morale envers celles et ceux qui ont servi la Nation, résisté à l’oppression, souffert, parfois donné leur vie, tout en restant, jusqu’au bout, cheminots.

Je pense à Rothau. Dernière gare avant les portes du camp du Struthof. Un lieu chargé de silence, de gravité et de vérité.

Ce jour-là, il n’y avait ni fonctions, ni titres, ni débats. Il n’y avait ni divergences, ni calculs. Il n’y avait que l’essentiel : la mémoire, le respect, et la transmission.

Emmanuel Sanglier

Ce que nous sommes aujourd’hui

Aujourd’hui, nous traversons un moment de questionnement. Nos structures sont fragiles, l’engagement est parfois difficile et il faut avoir le courage de regarder cette réalité en face.

Mais quoi que nous décidions, une chose doit rester intangible, notre ligne de conduite doit rester fidèle à nos engagements.

Chacune et chacun est nécessaire, chaque présence compte, chaque engagement, même discret, a sa place car l’ANCAC ne tient pas par quelques-uns, mais par l’ensemble des femmes et des hommes qui la font vivre.

Ce que nous faisons aujourd’hui a du sens, parce que nous le faisons ensemble, dans le respect de celles et ceux qui nous ont précédés.

Fanny Contencot 

Ce que nous transmettons aujourd’hui

Le renouveau est nécessaire, oui, mais il ne doit pas être une rupture. Il doit être une continuité entre les anciens et les générations qui arrivent car chez les femmes et les hommes du rail, il y a une valeur fondamentale : donner, c’est aussi recevoir.

Donner de son temps, de sa voix, de sa présence…et recevoir en retour du sens, de la fraternité, et la fierté de transmettre.

L’histoire des cheminots nous l’a appris : même lorsque tout semble fragile, tant que la mémoire est vivante, rien n’est perdu.

Notre rôle, aujourd’hui, est de transmettre, de rassembler et de rester fidèles à ceux qui nous ont précédés.

C’est à cette condition que l’ANCAC continuera d’exister, non seulement comme une association, mais comme une conscience collective. Et lorsque viendra le jour des 100 ans de l’ANCAC, ce ne sera pas seulement un anniversaire que l’on célébrera, mais une chaîne humaine jamais rompue. Vous, adhérents, amis,

Mickaël Staab

Hommage à Robert Baptier

 

Président national de l'Association Nationale des Cheminots Anciens combattants

Chevalier dans l’ordre national du mérite

Gardien des valeurs combattantes

Veilleur infatigable du devoir de mémoire

Dans la nuit, sur les hauteurs du djebel, tu veilles

Droit et fidèle, tel un roc au milieu de l'océan de l'Histoire.

Quand d'autres passent, tu demeures. Quand le temps efface, tu transmets.

Tu tiens la ligne, pour ceux qui ne sont plus, et pour ceux qui viendront.

 

La section ANCAC Alsace-Moselle, ses adhérents et son président témoignent de leur respect, de leur reconnaissance et de leur fidélité.