Dijon - 19 avril

 

82ème Anniversaire de la Mort des 7 Camarades Cheminots Résistants

Chers amis, chers camarades,

Nous voici comme chaque année devant cette plaque souvenir pour rendre hommage à nos 7 camarades cheminots résistants décapités par les nazis le 19 avril 1944 à Stuttgart.

Dans cette période où nous voyons la montée du racisme, de l'extrême droite dans tous les pays européens, votre présence aujourd'hui témoigne notre vigilance devant cette montée dangereuse dans notre pays.

Les Cheminots ont payé du prix du sang leur contribution à la résistance 39/45.

809 ont été fusillés, décapités, pendus et 1157 sont morts en déportation. Au total 9000 morts et 16 000 blessés. La SNCF fut la seule entreprise en France à recevoir le 30 octobre 1949 la Légion d'honneur et la Croix de Guerre avec palmes en reconnaissance des mérites civiles et militaires des cheminots.

Ce groupe de cheminots résistants du dépôt de Perrigny aura marqué la population dijonnaise.

Quand les responsables des cheminots CGT apprirent par un coup de téléphone le vendredi 10 décembre 1943 dans la matinée que leurs camarades et Paul Meunier employé municipal de la ville de Dijon étaient graciés, ils ne se rendaient pas encore compte de la portée nationale de la grève et de l'action historique qu'ils venaient de vivre.

Ils ne voyaient au travers des deux semaines qui venaient d'être marquées par une activité incessante pour arracher la grâce de leurs camarades près des autorités d'occupation qu'une simple action locale.

La réalité était d'une autre importance. En effet, pour la première fois en France, et c'était peut-être le seul et unique exemple de tous les pays occupés par les armées hitlériennes, la gestapo et l'état-major nazis reculaient devant l'envergure de l'action patriotique des cheminots dijonnais appuyés par leurs camarades des dépôts régionaux, par la résistance régionale et la population dijonnaise.

En signant la grâce des 8 condamnés à mort dont les actes de résistance contre l'envahisseur et la machine de guerre hitlérienne donnaient la preuve de la peur qu'ils avaient de la résistance Française.

Et ils considéraient ainsi, le mouvement cheminot, comme une arme à ménager dans leur plan militaire.

Cet exemple aurait dû servir d'indicatif aux forces alliées qui prônaient l'attentisme aux patriotes qui réclamaient des armes et du matériel pour se battre.

Mais il est incontestable que cette action couronnée d'un tel succès renforça et développa l'action toute entière de la résistance au travers de toute la France.

Ce fut une belle victoire qui démontra aux Français, qu'il était possible de se battre avec succès contre les Nazis et de les faire reculer. C'était une victoire du peuple français.

Il est regrettable que les Délégués à Paris n'aient pu obtenir de rester en contact avec leurs camarades graciés. Car ce que les nazis n'avaient pas obtenu par la force, ils l'ont obtenu par la ruse. Leur calvaire n'était pas fini pour autant, ils furent déportés le 22 décembre 1943, incarcérés en Alsace, puis à Karlsruhe en Allemagne et enfin transférés à la prison de Stuttgart le 18 avril 1944.

Et là, un nouveau tribunal militaire les informait qu'ils étaient condamnés à être décapités.

Le 19 avril à l'aube, ils mouraient en vrais héros, en dignes combattants pour la résistance Française, en hommes courageux.

82 ans après, nous restons fidèles à leur mémoire. Ne jamais oublier leurs sacrifices qui permirent à la France de retrouver la liberté.

Nous allons rappeler leurs noms en ajoutant : Mort pour la France.

André Dubois (29 ans), Mort pour la France

Raymond Gaspard (30 ans), Mort pour la France

Raymond Pageaux (32 ans), Mort pour la France

Maxime Perreau (34 ans), Mort pour la France

Jean-Pierre Ridet (32 ans), Mort pour la France

Maurice Thuringer (33 ans), Mort pour la France

Jean Tamigi (32 ans), Mort pour la France

Et leur camarade de combat Paul Meunier, employé municipal de Dijon.